07.01.2010

Sarkozy ou le retour de Giscard

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Continuons la lecture du bouquin de Guattari que nous évoquions avant-hier dans lequel il décrit le sombre climat politique du début des années 80. Rappels: Giscard stoppe l'immigration de main d'oeuvre et ne cache pas  son souhait d'expulser du territoire 200 000 ressortissants algériens; la perspective que des centaines de milliers d'enfants nés en France de parents algériens après 1963 puissent voter effraie la droite française...
"Il est clair qu'on ne laissera pas impunément le nouveau type de pouvoir autoritaire inauguré par Gisacrd d'Estaing se faire la main sur les couches les plus vulnérables de la société. Après la loi Peyrefitte, après la tutelle renforcée sur les médias, les universités, les administrations, c'est un renforcement systématique du contrôle social qui est programmé.
On prétend faire de la France une des puissances clés du nouveau capitalisme mondial. Pour cela, il convient de soumettre, de gré ou de force, l'ensemble des populations vivant dans ce pays. Les Français doivent se vivre comme une race dominée par les nouveaux modèles capitalistes et comme une race dominante par rapport à tous ceux qui échappent à ces mêmes modèles. Ils doivent s'habituer à sacrifier leurs propres différences, la particularité de leurs goûts, la singularité de leurs désirs et, symétriquement, celle des autres.
Le renouveau des luttes sociales, la rédéfinition d'un authentique projet de libération sociale passent par une assumation totale de la multisocialité sur tous les plans et dans tous les domaines".Felix Guattari (1981) Contre le racisme à la française
Ainsi donc, des 29000 expulsions annuelles de "clandestins" à l'injonction de "travailler plus" se dessine un projet cohérent dont le débat nauséeux à propos de "l'identité nationale" constitue le volet "coaching compassionnel" pour des Français que l'on traine à marche forcée dans la mondialisation néolibérale.

06.01.2010

A l'Affiche de l'Utopic

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Ce fut une église, c'est aujourd'hui un cinéma. Inscrit au vitrail, son nom rougeoie quand tombe le soir. Arcs gothiques et moulures de chêne, le grand hall murmure d'une foule pélerine qui s'attarde autour d'un thé ouighour et de quelques palets à l'anis. On confirme le choix d'une toile en scrutant la mine des spectateurs en partance.  L'Utopic est le fin du fin de l'honnête homme sensible aux fracas de ce monde. Chacun y trouve l'occasion de signer la pétition de son goût mais aussi  de s'initier au chant corse ou de commander une panière de légumes auprès d'un fermier bio. Frère ou soeur ticket délivrent gravement le droit d'accéder aux salles qui ont le charme des chapelles. Le film achevé, on ne sort pas avant la toute fin du générique. Saint Cléophas veille.

05.01.2010

Felix Guattari apporte sa contribution au débat sur l'identité nationale

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"Tous les peuples ont besoin d'immigrés et du rapport d'altérité posé par l'intermédiaire de leur venue. j'affirme même que la vitalité d'un peuple correspond à sa capacité d'être lui même engagé dans toutes ses composantes dans un devenir immigré.

Nous avons tous à devenir des immigrés, à refuser une uniformisation génératrice d'angoisse et d'impuissances générales. En France, nous avons beaucoup à apprendre de la façon dont les immigrés reconstituent leur culture, la réinventent."

Felix Guattari (On a le racisme qu'on mérite, 1983), Les Années d'Hiver (1980-1985) , Les prairies ordinaires 2009.